Les effets d’un questionnaire trop long : le cas de la « survey fatigue »

Difficile de résister à la tentation de poser des dizaines de questions tant que l’on a des répondants « sous la main ». Après tout, autant tirer un maximum d’information de son questionnaire, non ? Sauf que poser plus de questions signifie parfois obtenir moins d’information…

Les symptômes

Le phénomène de « survey fatigue » désigne la lassitude des répondants face à un questionnaire. Même s’ils sont extrêmement motivés et que le questionnaire est très intéressant, la survey fatigue finit par intervenir.

Concrètement, cette lassitude se traduit par deux symptômes :

  • Des réponses en mode « automatique » : elles sont données sans trop y réfléchir, pour en finir avec ce questionnaire. Les réponses données n’ont donc que peu de sens, et donc peu de valeur, quand elles ne donnent pas purement et simplement des indications fausses. Ces réponses automatiques peuvent par exemple se traduire par le saut de plusieurs questions ou des réponses identiques à une série de questions (cocher sans réfléchir la case « très satisfait » pour chaque critère d’une grille, par exemple).
  • Un abandon pur et simple : quand même le mode automatique devient trop fatigant, qu’une question irrite le répondant ou qu’il est forcé à répondre à une question à laquelle il ne veut/peut pas répondre, sa meilleure option sera d’arrêter immédiatement de répondre.

Que les réponses soient moins nombreuses ou moins pertinente, cette survey fatigue dessert votre questionnaire. Comment donc peut-on l’éviter ?

Les solutions

Poser moins de questions

Diminuer le nombre de questions est déjà la première chose à faire. Il n’y a pas particulièrement de nombre idéal de questions, mais il est fortement recommandé de rester au-dessous de 10 questions. Si vous ne voyez pas comment réduire le nombre de questions de votre enquête, vous pouvez :

  • Vous demander pour chaque question comment vous allez utiliser concrètement ses résultats. Vous ne voyez pas ? Vous savez ce qu’il vous reste à faire !
  • Ne poser certaines questions qu’à certains répondants en fonction des leurs réponses, de leur profil… (et vous pouvez faire ça sur Dialoog)
  • Faire plusieurs enquêtes séparées

Toujours revenir à la motivation des participants

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’objectif pour lequel une enquête a été créée passe souvent au second plan, remplacé par les « questions que l’on a envie de poser ». Ce qui est encore moins pris en compte, c’est l’objectif poursuivi par le répondant. Pourquoi a-t-il répondu au questionnaire au départ ? En effet, un répondant veut en avoir pour son argent (puisque le temps c’est de l’argent) ! Vous assurer que répondre au questionnaire lui permettra également de se développer, c’est reculer le moment où la survey fatigue apparaîtra… même si elle apparaîtra tout de même si le questionnaire comporte trop de questions.

Et comment donc satisfaire la motivation du répondant ? Vous pouvez lui permettre de se comparer aux réponses des autres participants, d’obtenir des informations exclusives, lui donner l’assurance que ses réponses seront bien prises en compte, l’occasion de réfléchir sur un sujet qui le passionne, mettre ses capacités à l’épreuve…

Alterner les types de questions

Quoi de plus ennuyeux que de remplir à la chaîne des questions « pas du tout d’accord/plutôt pas d’accord/plutôt d’accord/tout à fait d’accord » ? Quoi de plus épuisant que d’enchaîner question ouverte sur question ouverte ? Quoi de moins valorisant que de ne donner que des réponses factuelles sans aucun jugement ou réflexion ? Alternez les types de questions que vous posez aux répondants pour les garder frais et dispos !

Pour plus d’informations sur les différents types de questions (ce que nous appelons les « mécanismes de réponse » chez Dialoog), vous pouvez consulter notre Livre Blanc pour réussir vos questionnaires.

Mettre toutes les questions optionnelles

Nous avons déjà consacré un article sur le fait que toutes les questions de votre questionnaire doivent être facultatives. Le plus gros générateur de survey fatigue, c’est en effet d’être obligé de répondre à une question à laquelle on ne veut pas ou ne peut pas répondre… Et cela arrive bien plus souvent qu’on ne se l’imagine en concevant le questionnaire.

Conclusion

Le phénomène de survey fatigue est inévitable et peut causer beaucoup de tort à votre questionnaire… Ne le sous-estimez pas !

Envie de passer la vitesse supérieure dans vos questionnaires ? Faites appel à Dialoog !

 

Pierre Simonnin
Cofondateur de Dialoog
Professionnel des séminaires collaboratifs et du questionnement.
Ingénieur des Ponts et Chaussées diplômé d’un MBA en technologie et entrepreneuriat, Pierre a notamment été consultant en stratégie, a créé une première entreprise et a conçu et supervisé de nombreux séminaires collaboratifs avant de créer Dialoog.

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