Les questions de votre questionnaire sont le dernier de vos soucis

Soyons clairs : nous n’entendons pas par là que les questions ne sont pas importantes… Pourquoi cela s’appellerait-il un questionnaire, sinon ? En revanche, la formulation de vos questions doit bien être le dernier de vos soucis dans l’ordre chronologique ! Il est d’autant plus important de le souligner que l’on a tendance à vouloir commencer par cela dans la création d’un questionnaire.

Mais comment donc puis-je créer un questionnaire sans formuler la moindre question ?

La première étape est de cadrer l’enquête, mais nous l’avons suffisamment traitée ici. Nous allons ici nous intéresser à ce qui vient juste ensuite : la conception de la structure du questionnaire. En général, vos objectifs vous “dicteront” plusieurs parties, correspondant aux différents résultats que vous souhaitez obtenir. Chacune de ces parties sera constituée d’une à plusieurs questions, qu’il faudra imaginer, réarranger, combiner, scinder, supprimer, ajouter…

C’est ici qu’entre en jeu le conseil le plus utile et le moins intuitif pour la conception de votre questionnaire : ne rédigez surtout pas vos questions. Comment faire, donc ?

Tout d’abord, gardons à l’esprit que l’objectif d’une enquête n’est pas de poser des questions : il est de récupérer des résultats. Il ne s’agit donc pas tant de savoir quelles questions vous voulez poser que de vous demander de quels résultats vous avez besoin ! Tenez-vous en donc au résultat attendu pour créer et manipuler vos futures questions. Voici quelques exemples :

Formulation possible Résultat attendu
A quel point avez-vous été satisfait de notre prestation ? Niveau de satisfaction (sur la prestation)
Quels sont les points forts de notre entreprise pour faire face à la concurrence ? Points forts (face à la concurrence)
Que pourrions-nous améliorer dans notre processus d’intégration ? Actions pour améliorer l’intégration

 

Mais pourquoi au juste fonctionner avec le résultat attendu au lieu d’utiliser la question directement ? Il y a plusieurs bonnes raisons à cela :

  • Votre questionnaire va évoluer : la formulation des questions est une des étapes les plus chronophages (et c’est encore pire si plusieurs personnes sont impliquées dans la conception du questionnaire, chacun y allant de sa modification). Autant ne pas perdre de temps à formuler les questions avant d’en avoir une version stable !
  • Les résultats attendus étant plus clairs et concis que les questions complètes, vous avez une bien meilleure vue d’ensemble du questionnaire, permettant de remanier le questionnaire, de repérer plus facilement les doublons…
  • Utiliser les résultats attendus permet aussi d’afficher clairement ce que l’on souhaite obtenir, de poser des questions plus précises et de mieux formuler les questions par la suite.
  • Quand les questions complètes sont rédigées, on a souvent tendance à oublier le reste (demande-t-on la bonne chose ? La question est-elle suffisamment précise ? Le résultat a-t-il un intérêt ? La question est-elle à la bonne place ?) pour se concentrer sur la formulation : changer la tournure, un mot, la ponctuation… Un peu comme on peut parfois se laisser distraire du contenu par un texte bourré de fautes d’orthographe.

En résumé : manipulez les résultats attendus aussi longtemps que nécessaire pour élaborer la trame de votre questionnaire. Une fois celle-ci finalisée, il est alors temps de rédiger les questions !

 

Pierre Simonnin
Cofondateur de Dialoog
Professionnel des séminaires collaboratifs et du questionnement.
Ingénieur des Ponts et Chaussées diplômé d’un MBA en technologie et entrepreneuriat, Pierre a notamment été consultant en stratégie, a créé une première entreprise et a conçu et supervisé de nombreux séminaires collaboratifs avant de créer Dialoog.

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